Texte manuscrit « Pourquoi tombe-t-on amoureux de quelqu’un qu’on ne devrait pas aimer ? » sur papier clair

Pourquoi tombe-t-on amoureux de quelqu’un qu’on ne devrait pas aimer ?

Il y a des personnes que l’on rencontre sans danger.

Elles arrivent dans une vie qui peut leur faire une place. Elles sont libres. Nous le sommes aussi. Le moment est possible. L’histoire pourrait commencer sans qu’il soit nécessaire de mentir, de renoncer ou de bouleverser quoi que ce soit.

Et puis il y a les autres.

Celles qui arrivent au mauvais endroit de notre existence.

Quelqu’un est déjà engagé. Peut-être nous. Peut-être l’autre. Il y a une famille, une promesse, une distance, un travail, des valeurs auxquelles nous tenons, une vie que nous n’avons aucune envie de détruire.

Tout semble dire : pas cette personne.

Alors nous faisons parfois ce qui paraît raisonnable.

Nous résistons.

Nous minimisons un regard. Nous oublions volontairement une phrase. Nous essayons de ne pas attendre le prochain message. Nous nous répétons que ce n’est rien, que cela passera, que nous savons exactement où sont les limites.

Et pourtant, quelque chose grandit.

Alors vient cette question :

Pourquoi tombe-t-on parfois amoureux précisément de quelqu’un qu’on ne devrait pas aimer ?

Il existe une réponse romantique presque parfaite : parce que le cœur ne connaît aucune règle.

Et une autre, tout aussi séduisante : parce que l’interdit rendrait nécessairement l’amour plus fort.

La psychologie raconte une histoire beaucoup moins simple.

Nous ne choisissons effectivement pas toujours les personnes qui commencent à nous bouleverser.

Mais contrairement à ce que racontent Roméo et Juliette depuis des siècles, rien ne permet d’affirmer que l’interdit fabrique automatiquement l’amour.

Il peut, en revanche, faire autre chose.

Il peut offrir à un sentiment déjà présent exactement ce dont il a besoin pour devenir immense : de l’incertitude, de l’attente, du manque, quelques instants précieux et beaucoup d’espace pour imaginer tout le reste.

L’interdit ne crée pas nécessairement l’amour. Mais il peut devenir sa chambre d’écho.

Nous ne choisissons pas toujours le moment où quelqu’un commence à compter

Nous aimons imaginer que notre vie intérieure obéit aux mêmes règles que nos décisions.

Je décide de rester.

Je décide de partir.

Je décide d’écrire.

Je décide de ne pas répondre.

Alors pourquoi ne pourrions-nous pas décider de ne pas tomber amoureux ?

Parce qu’une attirance ne fonctionne pas exactement comme une décision.

Les travaux consacrés à l’amour passionnel décrivent son apparition comme un état motivationnel largement involontaire. Nous pouvons décider de ce que nous faisons d’un sentiment beaucoup plus facilement que nous ne pouvons décider de son apparition.

Personne ne se réveille un matin en inscrivant dans son agenda :

14 h 30 : commencer à tomber amoureux.

Une présence commence simplement à compter.

On remarque une façon de sourire.

On cherche quelqu’un du regard dans une pièce.

On repense le soir à une conversation qui n’avait pourtant rien d’extraordinaire.

Puis on réalise que cette personne occupe désormais un espace qu’on ne lui avait jamais accordé consciemment.

C’est peut-être ce que nous essayons de dire lorsque nous affirmons :

« Je n’ai pas choisi. »

Et cette phrase peut être vraie.

Mais seulement jusqu’à un certain point.

Parce qu’il existe une différence entre ne pas avoir choisi qu’un sentiment apparaisse et ne participer en rien à ce qu’il devient.

Nous y reviendrons.

Avant cela, il faut s’arrêter sur une croyance beaucoup plus ancienne.

Et si ce qui nous attire autant était justement le fait que cette personne nous soit interdite ?

L’interdit rend-il vraiment l’amour plus fort ?

L’idée est magnifique.

Elle possède même son couple mythologique : Roméo et Juliette.

Plus le monde s’oppose aux amants, plus leur amour semble devenir absolu.

Cette intuition a été suffisamment prise au sérieux pour recevoir un nom en psychologie : l’effet Roméo et Juliette.

Dans une étude publiée en 1972, Richard Driscoll, Keith Davis et Milton Lipetz avaient observé auprès de 140 couples que l’interférence parentale semblait être associée, au fil des mois, à une augmentation des sentiments amoureux.

L’explication proposée rejoignait la théorie de la réactance psychologique développée quelques années auparavant par Jack Brehm : lorsqu’une liberté que nous pensions posséder nous est retirée, nous pouvons être poussés à vouloir la restaurer. Ce qui nous est interdit peut alors devenir plus désirable.

L’histoire était parfaite.

Peut-être trop.

Des travaux ultérieurs ont largement compliqué cette conclusion. Une réplication publiée en 2014 auprès de 396 personnes n’a pas retrouvé le fameux effet Roméo et Juliette. Au contraire, l’opposition de l’entourage et du réseau social est régulièrement associée à une qualité relationnelle moindre.

Autrement dit :

l’interdit n’est pas un aphrodisiaque universel.

Certains obstacles peuvent augmenter le désir.

D’autres l’épuisent.

Une personne légèrement difficile à atteindre peut intriguer davantage. Une personne totalement inaccessible peut finir par décourager.

Une famille qui interdit une relation n’a pas nécessairement le même effet qu’une relation professionnelle impossible, une personne déjà mariée, une distance de plusieurs milliers de kilomètres ou deux projets de vie incompatibles.

Nous regroupons tout cela sous un même mot — interdit — alors que ces situations ne produisent pas nécessairement les mêmes choses en nous.

Il faut donc abandonner une première idée séduisante :

nous ne tombons pas nécessairement amoureux parce que nous ne devrions pas l’être.

Mais l’empêchement peut malgré tout transformer profondément la manière dont nous vivons ce sentiment.

Parce qu’une histoire impossible possède parfois quelque chose qu’une histoire ordinaire perd très rapidement.

L’incertitude.

Le « peut-être » possède une puissance étrange

Est-ce qu’il pense à moi ?

Est-ce que ce regard signifiait quelque chose ?

Pourquoi a-t-elle écrit cela ?

Est-ce qu’il aurait envie de me voir si les circonstances étaient différentes ?

Et si nous nous étions rencontrés avant ?

Et si, un jour…

Le cerveau déteste certaines questions sans réponse.

Une expérience publiée en 2011 par Erin Whitchurch, Timothy Wilson et Daniel Gilbert a montré quelque chose d’intéressant : dans certaines conditions expérimentales, des femmes se déclaraient davantage attirées par des hommes lorsqu’elles ne savaient pas exactement à quel point ceux-ci les appréciaient.

L’incertitude augmentait notamment le temps passé à penser à eux.

Il faut être prudent : une expérience de laboratoire avec des inconnus ne permet évidemment pas d’expliquer à elle seule une histoire d’amour clandestine de plusieurs années.

Mais elle révèle un mécanisme intéressant.

L’incertitude nous fait penser.

Et plus nous pensons à quelqu’un, plus cette personne prend de la place dans notre paysage intérieur.

Un message devient un événement.

Une absence devient une question.

Une rencontre de vingt minutes peut occuper toute une soirée.

Nous finissons parfois par mesurer l’importance d’une personne au temps qu’elle passe dans notre tête.

Or penser énormément à quelqu’un ne prouve pas nécessairement que nous l’aimons davantage.

Cela peut aussi signifier que quelque chose reste irrésolu.

Dorothy Tennov avait décrit une forme particulièrement intense de cette expérience sous le terme de limérence : pensées intrusives, besoin de réciprocité, attention extrême aux signes de l’autre, exaltation et chute selon ce que l’on croit comprendre de ses sentiments.

La limérence n’est pas un diagnostic médical, et toute passion interdite n’en relève évidemment pas.

Mais elle nous rappelle quelque chose d’essentiel :

l’incertitude peut intensifier ce que nous ressentons sans nous dire exactement ce que nous ressentons.

Et il existe une autre particularité des amours empêchés.

Nous connaissons parfois très peu la personne que nous aimons.

Alors notre imagination termine le travail.

Moins il y a de réalité, plus il reste de place pour le roman

Stendhal avait trouvé une image magnifique pour décrire ce phénomène.

Dans De l’amour, il raconte qu’une branche abandonnée dans les mines de sel de Salzbourg finit par se couvrir de cristaux au point que l’on ne distingue presque plus le morceau de bois d’origine.

Il appelle cela la cristallisation.

L’amoureux ferait quelque chose de semblable.

À partir de quelques qualités réelles, l’imagination en ajoute d’autres.

Elle complète.

Elle embellit.

Elle transforme.

La psychologie contemporaine de l’idéalisation raconte, avec d’autres outils, une partie de cette intuition : lorsque nous disposons de peu d’informations quotidiennes sur quelqu’un, les espaces inconnus laissent davantage de place à nos projections.

Et une histoire interdite peut offrir énormément d’espaces inconnus.

On ne partage pas forcément le réveil.

On ne sait pas comment l’autre réagit lorsqu’il est épuisé.

On ne connaît pas nécessairement son rapport à l’argent, au désordre, aux responsabilités, à l’ennui.

On ne sait pas ce qu’il reste de cette personne après six mois de quotidien.

Nous connaissons les conversations choisies.

Les messages attendus.

Les rendez-vous rares.

Les instants volés.

Parfois quelques heures extraordinairement intenses.

Puis chacun retourne dans sa vie.

Il reste alors beaucoup de silence.

Et le silence est un endroit formidable pour écrire des histoires.

Cela ne signifie pas que cet amour est faux.

C’est une nuance essentielle.

Une personne peut sincèrement aimer quelqu’un qu’elle connaît encore imparfaitement.

Mais il devient extrêmement difficile de comparer un amour confronté au quotidien avec un amour encore protégé de lui.

Certaines histoires nous paraissent peut-être immenses aussi parce qu’elles n’ont jamais eu suffisamment de réalité pour devenir petites.

Elles n’ont jamais connu les journées banales.

Les dimanches sans conversation.

La fatigue.

Les défauts qui cessent d’être charmants.

Les désaccords qui reviennent.

La vie.

Et c’est peut-être l’une des cruautés particulières de l’amour impossible :

nous ne saurons parfois jamais ce qu’il serait devenu s’il avait eu le droit de devenir ordinaire.

Une histoire empêchée peut rester parfaite beaucoup plus longtemps

Il y a des relations que le temps détruit.

Et d’autres que le temps ne peut presque pas atteindre parce qu’elles ne deviennent jamais vraiment des relations.

Elles restent quelque part entre le réel et l’imaginaire.

Denis de Rougemont, dans L’Amour et l’Occident, défendait une thèse provocatrice : une partie de notre culture occidentale aurait appris à associer la grande passion à l’obstacle lui-même.

Tristan et Iseut ne nous fascinent pas malgré l’impossibilité de leur amour.

Leur impossibilité participe au récit que nous avons appris à reconnaître comme passionnel.

Ce n’est pas une démonstration psychologique.

Mais l’idée pose une question dérangeante :

qu’advient-il de certaines passions lorsque l’obstacle disparaît ?

Lorsque l’autre devient disponible.

Lorsque les messages peuvent être envoyés à n’importe quelle heure.

Lorsque l’on n’a plus besoin de voler une soirée.

Lorsque l’histoire n’est plus menacée.

Lorsque l’on peut enfin vivre ensemble.

Certaines passions deviennent alors de magnifiques histoires d’amour.

D’autres découvrent brutalement qu’une partie de leur intensité appartenait à l’attente.

Au manque.

Au secret.

À la possibilité.

Nous avons un biais évident : nous racontons les histoires interdites qui ont survécu.

Nous écrivons des romans sur elles.

Nous faisons des films.

Nous citons Roméo et Juliette.

Nous parlons beaucoup moins de toutes les passions impossibles qui se sont simplement éteintes lorsque l’impossibilité a disparu.

C’est pourquoi l’intensité d’un amour interdit ne permet pas, à elle seule, de connaître sa destinée.

Un sentiment peut être sincère et être amplifié par les circonstances qui l’empêchent.

Ces deux propositions ne se contredisent pas.

Et il en existe une troisième, plus inconfortable encore.

Parfois, l’impossibilité n’est peut-être pas seulement ce qui nous fait souffrir.

Elle est aussi ce qui nous protège.

Et si l’impossible nous protégeait parfois du possible ?

Il faut être particulièrement prudent avec cette idée.

Toutes les personnes qui tombent amoureuses de quelqu’un d’indisponible ne fuient évidemment pas l’intimité.

Mais lorsque le même scénario se répète, une question peut devenir intéressante.

Pourquoi toujours celui qui ne peut pas être là ?

Pourquoi celle qui ne pourra jamais vraiment choisir ?

Pourquoi les histoires les plus puissantes sont-elles toujours celles qui ne peuvent pas complètement commencer ?

Les recherches sur l’attachement montrent notamment que certaines personnes éprouvent davantage de difficultés avec la proximité, la vulnérabilité ou la dépendance relationnelle.

Cela ne permet pas d’affirmer qu’elles choisissent consciemment des partenaires indisponibles.

Mais l’hypothèse mérite parfois d’être regardée.

Parce qu’une personne impossible possède une étrange qualité :

elle permet de désirer une relation sans nécessairement devoir la vivre entièrement.

On peut rêver d’une intimité immense tout en étant protégé de certaines exigences de l’intimité réelle.

On peut souffrir de ne pas être choisi sans avoir à découvrir ce qui arriverait si l’on était enfin choisi.

On peut aimer une possibilité sans jamais devoir vérifier si nous saurions l’habiter.

L’interdit devient alors paradoxal.

Il est la raison pour laquelle l’histoire fait souffrir.

Mais il est peut-être aussi ce qui permet à l’histoire de rester exactement telle que nous en avons besoin.

Encore une fois, ce n’est pas une explication universelle.

Seulement une question à se poser lorsque l’impossible devient une habitude.

Car il existe une différence entre tomber une fois amoureux de quelqu’un d’indisponible et construire, histoire après histoire, un désir qui ne semble pouvoir survivre qu’à condition de ne jamais devenir quotidien.

Nous ne choisissons pas toujours ce que nous ressentons. Mais nous participons à ce que nous nourrissons

C’est probablement la distinction la moins romantique.

Et peut-être la plus importante.

Nous ne choisissons pas nécessairement le premier regard que nous cherchons.

Ni la première pensée qui revient.

Ni cette sensation étrange lorsque le prénom de quelqu’un apparaît sur un écran.

Mais ensuite ?

Ensuite, il y a parfois un message.

Puis un autre.

Une conversation que l’on aurait pu interrompre et que l’on prolonge.

Une confidence.

Une habitude.

Un profil que l’on regarde.

Une raison de passer quelque part.

Un rendez-vous qui n’en est officiellement pas un.

Un secret que l’on commence à protéger.

Une place que l’on crée.

L’attention rend les choses saillantes.

La répétition construit des habitudes.

L’incertitude nourrit parfois la rumination.

Et peu à peu, quelque chose qui nous était arrivé devient aussi quelque chose auquel nous participons.

Cela ne signifie pas qu’il suffirait de fermer son téléphone pour cesser d’aimer.

Les sentiments humains ne fonctionnent pas ainsi.

Mais cela signifie que la phrase « je n’ai rien choisi » devient progressivement moins complète.

Peut-être n’avons-nous pas choisi l’étincelle.

Mais nous pouvons parfois choisir de nous rapprocher du feu.

Il existe donc une différence fondamentale entre le sentiment et le destin que nous lui attribuons.

Nous ne sommes peut-être pas responsables de toutes les personnes qui bouleversent notre cœur. Nous le devenons davantage dans la place que nous leur donnons ensuite.

Cette distinction ne condamne pas le sentiment.

Elle nous rend simplement une partie de notre liberté.

Alors, pourquoi tombe-t-on amoureux de quelqu’un qu’on ne devrait pas aimer ?

Peut-être parce qu’au commencement, notre cœur ne consulte pas toujours notre vie avant de s’émouvoir.

Une personne nous touche.

Et seulement après, nous découvrons tout ce qui rend cette histoire impossible.

Parfois, l’interdit n’a presque rien à voir avec la naissance du sentiment.

Il arrive après.

Parfois, en revanche, l’impossibilité contribue à son intensité.

Parce qu’elle crée de l’incertitude.

Parce que les moments sont rares.

Parce que l’absence laisse énormément de place à l’imagination.

Parce que nous ne rencontrons jamais suffisamment le quotidien de l’autre pour que notre projection soit entièrement confrontée au réel.

Et parfois encore, nous pouvons confondre une partie de cette intensité avec la preuve que cet amour est nécessairement exceptionnel.

La recherche ne permet pas de choisir entre ces explications pour une histoire particulière.

Elle permet seulement d’éviter deux erreurs.

La première serait de croire qu’un amour interdit est faux simplement parce qu’il est interdit.

La seconde serait de croire qu’il est plus vrai simplement parce qu’il fait davantage souffrir.

Entre les deux existe une réalité beaucoup plus complexe.

Un sentiment peut être authentique.

Et être amplifié par l’impossibilité.

Il peut nous être arrivé sans que nous l’ayons demandé.

Et avoir grandi ensuite grâce à toute l’attention que nous lui avons donnée.

Il peut être l’une des histoires les plus importantes de notre vie.

Et nous ne saurons pourtant jamais ce qu’il serait devenu dans une cuisine, un lundi soir, après plusieurs années.

Conclusion — Ce que l’interdit ne nous permettra peut-être jamais de savoir

J’avais écrit :

« Parfois, aimer, c’est aimer quelqu’un qu’on ne devrait pas. »

Je le crois encore.

Il existe des sentiments qui arrivent sans demander si notre vie possède une place pour eux.

Des personnes qui comptent alors qu’elles n’étaient pas censées compter.

Des histoires que nous n’avons pas choisies et qui viennent pourtant déplacer quelque chose en nous.

Mais je crois aujourd’hui qu’une autre question accompagne ces amours.

Une question à laquelle nous n’aurons parfois jamais de réponse.

Qu’aurait été cet amour s’il avait eu le droit de devenir une vie ?

Peut-être aurait-il survécu au quotidien.

Peut-être serait-il devenu plus profond encore.

Peut-être aurait-il perdu cette intensité qui semblait le rendre incomparable.

Peut-être aurions-nous découvert que nous aimions réellement cette personne.

Ou peut-être aurions-nous découvert tout ce que l’impossibilité nous avait permis d’imaginer à sa place.

Nous ne pouvons pas toujours le savoir.

C’est peut-être cela, finalement, qui rend certains amours interdits si difficiles à quitter.

Nous ne faisons pas seulement le deuil d’une personne.

Nous faisons le deuil d’une histoire que le réel n’aura jamais eu l’occasion de confirmer ou de démentir.

Et peut-être que le paradoxe de ces amours tient tout entier là :

ils peuvent être parfaitement sincères, tout en restant impossibles à mesurer, parce qu’ils n’ont jamais eu à devenir ordinaires.

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Cette tension entre une vie déjà construite et une passion qui surgit là où elle ne devrait peut-être pas exister est également au cœur de mon roman La Passion dévorante.

J’y raconte l’histoire d’une femme mariée dont l’existence vacille lorsqu’une rencontre vient réveiller en elle un désir, une passion et une autre possibilité de vie.

Si cette question vous habite, vous pouvez poursuivre la réflexion à travers cette histoire.

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