Peut-on vraiment promettre d’aimer quelqu’un pour toujours ?
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Il existe une phrase que l’on entend dans presque toutes les histoires d’amour.
« Je t’aimerai pour toujours. »
Certains la prononcent le premier soir.
D’autres le jour de leur mariage.
D’autres encore lorsqu’ils sentent qu’ils pourraient perdre la personne qu’ils aiment.
Cette promesse est devenue l’une des plus belles déclarations d’amour que l’on puisse faire.
Elle rassure.
Elle apaise.
Elle donne l’impression que quelque chose, enfin, échappera au temps.
Pourtant, depuis longtemps, une question me poursuit.
Et si nous nous étions trompés de promesse ?
Peut-on réellement promettre d’aimer quelqu’un pour toujours ?
Je trouve que cette introduction est plus mature que le carrousel. Elle pose la question sans y répondre immédiatement.
Pourquoi avons-nous tant besoin de cette promesse ?
Je commencerais par quelque chose comme :
Si cette promesse existe dans presque toutes les cultures, ce n’est sans doute pas un hasard.
Nous savons tous, au fond, que tout change.
Les saisons passent.
Les enfants grandissent.
Nos corps vieillissent
Nos vies prennent parfois des directions que nous n’aurions jamais imaginées.
Alors, lorsque nous rencontrons quelqu’un que nous aimons profondément, une partie de nous cherche naturellement à mettre cet amour à l’abri du temps.
Nous ne promettons pas seulement à l’autre de rester.
Nous essayons aussi de nous convaincre que ce bonheur ne nous échappera jamais.
Peut-être que cette promesse parle finalement moins de l’amour que de notre peur de le perdre.
Peut-on vraiment choisir d’aimer ?
C’est peut-être ici que cette promesse révèle sa contradiction.
Nous promettons de continuer à aimer comme si l’amour dépendait uniquement de notre volonté.
Pourtant, personne ne choisit un coup de foudre.
Personne ne décide du jour où un regard bouleverse une vie.
Personne ne programme l’instant précis où une présence devient indispensable.
Les plus grandes histoires d’amour commencent souvent sans prévenir.
Elles s’imposent à nous bien avant que nous ayons eu le temps de les comprendre.
Alors pourquoi imaginons-nous que ce qui est né librement pourrait être figé par une simple promesse ?
Nous pouvons choisir nos actes.
Nous pouvons choisir notre manière de traiter l’autre.
Nous pouvons choisir de rester, de partir, de faire des efforts ou d’abandonner.
Mais le sentiment lui-même obéit à une logique beaucoup plus mystérieuse.
Il grandit.
Il se transforme.
Il s’approfondit parfois.
Il s’éteint parfois aussi.
Et ce n’est pas toujours parce que quelqu’un a échoué.
C’est simplement parce que les êtres humains continuent d’évoluer.
Promettre de toujours aimer reviendrait presque à promettre de ne jamais changer.
Or personne ne peut faire une telle promesse.
« Nous pouvons choisir notre comportement.
Nous ne pouvons pas toujours choisir ce que notre cœur ressentira. »
Ce que l’on peut réellement promettre
Pourtant, reconnaître cette réalité ne rend pas l’amour moins beau.
Au contraire.
Cela nous oblige simplement à déplacer notre promesse.
Car si nous ne contrôlons pas toujours nos sentiments, nous contrôlons encore la manière dont nous aimons.
Nous pouvons promettre d’être loyaux.
D’être présents lorsque l’autre aura besoin de nous.
D’être respectueux, même au cœur des désaccords.
Nous pouvons promettre de communiquer plutôt que de fuir.
De prendre soin de la relation tant qu’elle existe.
De ne jamais utiliser l’amour comme une arme.
Et surtout…
Nous pouvons promettre une chose que beaucoup oublient.
Celle de ne jamais mentir.
Ne jamais continuer à dire « je t’aime » lorsque ces mots ne correspondent plus à la réalité.
Parce que le mensonge ne protège pas l’autre.
Il retarde simplement une souffrance devenue inévitable.
Il enferme deux personnes dans une histoire qui n’existe déjà plus.
C’est peut-être pour cette raison que la plus belle preuve d’amour n’est pas toujours celle que l’on imagine.
La plus belle preuve d’amour n’est peut-être pas celle que l’on croit
Pendant longtemps, j’ai pensé que la plus belle déclaration d’amour était celle que l’on entend dans les films.
« Je t’aimerai pour toujours. »
Aujourd’hui, je crois qu’il existe une promesse bien plus difficile à tenir.
Et c’est précisément pour cette raison qu’elle a davantage de valeur.
Dire un jour à quelqu’un :
« Je ne te mentirai jamais sur l’amour que je te porte. »
C’est accepter une vérité inconfortable.
C’est reconnaître que l’amour ne se mesure pas uniquement à sa durée.
Il se mesure aussi à sa sincérité.
Faire semblant de continuer à aimer n’a jamais protégé une personne.
Cela lui a seulement retiré la possibilité de rencontrer quelqu’un qui l’aimerait encore pleinement.
La vérité peut blesser.
Mais le mensonge prolonge une blessure qui existe déjà.
Parfois pendant des mois.
Parfois pendant des années.
Voilà pourquoi je crois que le courage de dire :
« Je ne t’aime plus. »
peut être, dans certaines histoires, une preuve d’amour plus grande que de continuer à dire :
« Je t’aime. »
Parce que l’amour ne consiste peut-être pas à retenir quelqu’un à tout prix.
Il consiste aussi à lui rendre sa liberté lorsque notre cœur n’est plus capable de lui offrir ce qu’il mérite.
Pour finir
Peut-être que nous avons longtemps cherché la plus belle preuve d’amour au mauvais endroit.
Nous avons admiré les promesses qui défient le temps.
Nous avons célébré les histoires qui semblaient éternelles.
Comme si la durée était, à elle seule, la mesure de la vérité.
Pourtant, un amour sincère de dix années vaut sans doute davantage qu’un amour prolongé pendant vingt ans par peur, par habitude ou par mensonge.
Peut-être que l’amour ne nous demande pas de promettre l’impossible.
Il nous demande simplement d’avoir le courage d’être vrais.
D’aimer pleinement tant que notre cœur aime
Et de ne jamais transformer les mots « je t’aime » en une formule que l’on répète alors qu’elle ne nous habite plus.
Au fond, la plus belle promesse n’est peut-être pas :
« Je t’aimerai pour toujours. »
Mais plutôt :
« Tant que je t’aimerai, je ne cesserai jamais de te le montrer. Et si un jour cet amour venait à disparaître, je ne te volerai jamais la vérité. »
Parce que certaines histoires ne se terminent pas lorsqu’on cesse de s’aimer.
Elles se terminent le jour où l’on cesse d’être sincères.
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